[Test] Shadow of the Tomb Raider, quand inégalité rime avec déjà joué ?

Titre : Shadow of the Tomb Raider

Développeur : Crystal Dynamics et Eidos Montréal

Date de sortie : 14/09/2018

Plateformes : PC / PS4 / Xbox One

Annoncé au début de l’année, le dernier épisode de la nouvelle trilogie du reboot de Tomb Raider est désormais arrivé sur les étales. Après un Rise of the Tomb Raider qui n’a pas trop convaincu les fans (moi j’avais bien aimé pourtant), cette fois-ci c’est Eidos Montréal qui est aux commandes avec l’aide de Crystal Dynamics. Et le résultat, c’est une sérieuse impression de déjà joué…

Gagné n’est pas joué

Dans la véritable débandade de gros titres de fin 2018, Square Enix a choisi de sortir le siens avant les autres, début septembre. Pour autant, il faut croire que le succès n’a pas été au rendez-vous car on le trouvait déjà en solde à -40% aux dernières soldes Steam, preuve en général d’un accueil assez mitigé de la part des joueurs. Et pour cause, le jeu s’est plutôt ramassé des notes assez moyennes de la part de la presse, et les joueurs n’ont pas forcément été plus indulgents. Pour ma part, je comptais faire le jeu en 2019, mais un tirage au sort en a décidé autrement puisque j’ai remporté le jeu la semaine après sa sortie. En plus je venais juste de finir Frostpunk à l’époque, autant dire que l’occasion faisant le larron, bah je m’y suis mis dans la foulée. Alors pourquoi le Test seulement maintenant ? Bah d’une part j’aime bien prendre un peu de recul avant de rédiger mes tests (je note des choses pendant ma partie pour ne rien oublier) et d’autre part je suis un peu à la bourre dans mes articles lol. On repart donc à l’aventure avec notre jeune Lara, doublée encore une fois par la délicieuse Camilla Luddington en VO (et en VF ça a changé, bonjour la cohérence…). Sauf que cette fois-ci, il ne s’agira pas d’empêcher la fin du monde (quoique…) mais de réparer une erreur faite par la jeune aventurière au début du jeu. Alors autant être clair de suite, le scénario de Shadow of the Tomb Raider est, comme le jeu en général, très inégal. Il faut dire que l’éditeur nous a fait miroiter une aventure sombre, une héroïne en proie aux doutes et à la culpabilité et un jeu bien plus ambitieux narrativement que ce qu’il est réellement. Si Lara doute et se sent coupable, si l’aventure comporte bien quelques scènes un peu noires, si l’aspect psychologique fait par moment des merveilles dans l’histoire, cette dernière se révèle au final assez confuse, sans parler des raccourcis scénaristiques tellement improbables qu’ils vous feront vous « facepalmer » un bon nombre de fois…

La voie de l’inégalité

L’autre gros point noir du jeu, c’est son inégalité quasiment dans tous les domaines. Prenons la technique par exemple : le jeu est franchement joli, certains panoramas vous collent une bonne baffe des familles mais pour autant, c’est aussi criblé de bugs. Des animaux qui passent au travers des décors, des PNJ qui disparaissent, sans parler des bugs de collisions en pagaille, ce n’est pas grand-chose, mais ça vous fera recharger le dernier checkpoint à de nombreuses reprises. Les visages des personnages principaux sont saisissants mais à côtés ceux des PNJ ont été filé aux stagiaires de la boîte et rappellent ceux de l’ère fin de PS2 / début de PS3 (image à l’appui ci-contre, et non ce n’est pas un bug !). Le doublage original est impeccable mais la VF est à la ramasse (bon d’accord c’est souvent moins bien mais là quand même c’est encore pire), surtout que des erreurs de traduction viennent fréquemment semer leur petit grain de sel. Coté combats ce n’est plaisant que de loin, la faute à une proximité assez mal gérée entre l’héroïne et ses ennemis. Car avec une esquive trop large et des coups de couteau qui ne font pas de dégâts, le corps à corps n’est pas vraiment au point. Ça tombe bien puisqu’à un moment dans le jeu, les ennemis ne cherchent que le contact, et même vous one shot s’il réussissent à vous choper ! En revanche, les premiers affrontements sont d’une facilité déconcertante, grâce notamment à des capacités complètement fumées (mention spéciale verrouillage de cibles, où on peut marquer jusqu’à 3 ennemis et donc 3 têtes pour faire des head shot d’une simple pression sur un bouton) et aussi grâce à l’IA plus que permissive… Des transmissions radio interrompues par des tranchages de carotides, des corps pendus aux arbres et même le pire : une conversation entre 2 gardes proches à laquelle j’ai mis fin, toutes ces choses ne semblent pas faire partie des prérogatives pour bosser chez Trinity, la société que vous devrez à nouveau affronter dans ce troisième volet…

Un petit coin de paradis

Passons maintenant aux positifs, oui, parce qu’il y’en a ! Si j’ai abordé le point technique en dent de scie plus haut, je tiens quand même à en rajouter une couche ici : c’est quand même joli, surtout lors de certains panoramas qui sont vraiment à couper le souffle. Côté ambiance tout se déroule au Mexique et au Pérou, et il y a une aura mystique typique de ces cultures Maya / Incas qui est incroyablement bien retranscrite ici. On retrouve aussi le côté sombre vanté dans les trailers, mais pas où Square Enix nous l’a montré. Durant la promo du jeu, on pouvait voir Lara se couvrir de boue pour mieux cueillir ses ennemis et se la jouer Rambo. Si ces passages sont effectivement présents, ils sont hélas que trop rares, en revanche on retrouve le côté sombre dans les lieux avec des passages super exigus et claustrophobiques, qui malheureusement sont assez mal répartis si bien qu’on finit par s’y habituer, dommage. De même, la violence tant montré dans les trailers ne se retrouve pas vraiment dans les combats assez vite expédiés en général grâce aux compétences aussi abusées que jouissives citées plus haut. On la retrouve plutôt du côté des sacrifices humains des divers cultes ou encore lors de certaines séquences vraiment saisissantes et marquantes mais dont je ne dévoilerai pas les détails ici. Ces passages sont une des forces indéniables du jeu, mais hélas noyées dans une formule qui si elle reste efficace, ressemble tout de même trop à ce qui se fait ailleurs et donne une sensation de déjà joué durant les ¾ de l’aventure. Enfin, terminons avec l’autre gros point fort du jeu, ses zones habitées et autres villages où trouver missions annexes et où l’on peut souffler entre les missions principales. Il y a vraiment un soin tout particulier qui a été apportés à la conception et à la modélisation de ces lieux, avec notamment des scènes de vie qui, même si elles n’apportent pas grand-chose à l’intrigue, sont toujours très plaisantes à découvrir. Cela permet au jeu d’être beaucoup mieux rythmé que son prédécesseur, notamment sur la répartition entre action et exploration…

Ce Shadow of the Tomb Raider n’est certes pas ce que son éditeur a essayé de nous vendre, mais il n’en reste pas moins efficace dans l’ensemble. La recette fonctionne toujours, la Vo est impeccable, la D.A époustouflante et le scénario propose de véritables moments de grâce, qui sont hélas contre balancés par tout le reste. L’I.A est tellement permissive qu’elle ôte toute notion de challenge, les visages des PNJ sont tellement hideux qu’on se demande si on est vraiment face à un jeu AAA et le jeu est tellement similaire aux autres du genre qu’on a sans arrêt l’impression d’avoir déjà joué à ça. Plus les bugs qui viennent pourrir l’expérience. Bref, à faire dans quelques mois quand les bugs seront corrigés et quand il aura baissé au moins de moitié. A ce moment-là, vous pourrez rajouter un point de plus…

J’ai aimé

+ L’ambiance Incas / Maya assez incroyable

+ De véritables moments de grâce dans le scénario

+ D.A époustouflante

+ Techniquement plutôt réussi (mais inégal)

+ VOSTFR de base et doublages au top

+ Une recette qui fonctionne toujours très bien

+ Des capacités monstrueuses (et jouissives)

+ Les villages convaincants et très plaisants

+ Beaucoup mieux équilibré entre action et aventure

+ Parties entièrement paramétrables

J’ai pas aimé

– Des bugs, des bugs oui mais des panzani !

– Du loot non-stop jusqu’à en gerber

– Visuellement inégal : les visages des PNG façon « ère PS2 début de PS3 »

– l’histoire pas ni noire et sombre que ça…

– … et accessoirement assez mal rythmée et très inégale

– Beaucoup de morts liés aux sauts hasardeux

– IA beaucoup trop permissive

– Les affrontements de fins assez pénibles

– Une impression de déjà joué durant les ¾ du jeu

– La VF à la ramasse et traduction parfois pas géniale

 

Ma Note : 6/10

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Publié le 9 décembre 2018, dans Tests, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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