[Test] Frostpunk, le STR qui fait monter la température ?

Titre : Frostpunk

Développeur : 11 bit studios

Date de sortie : 24/04/2018

Plateformes : PC uniquement

Imaginé par les développeurs polonais de This War of Mine (qu’il faut que je fasse bon sang…), Frostpunk est un STR pas comme les autres. Ici pas d’armée à fonder, pas 10 000 ressources différentes à collecter, pas de défenses à construire pour résister / pour aller démonter la gueule à l’adversaire, juste le froid à affronter et une population à maintenir en vie. Car c’est bien connu, Winter is Coming…

Marche ou crève

Dans le monde de Frostpunk, qui se veut post-apocalyptique, les dérèglements climatiques ont engendré catastrophes sur catastrophes, (Ça me dis quelque chose ça… Ah oui, on est en plein dedans !!!) si bien que l’humanité est en voie d’extinction. Et ça veut dire que la température « normale » désormais, bah c’est – 40°, allez là !!! Et vous, bah vous commencez le jeu sur le premier scénario intitulé Nouveau Départ, et vous et votre population de 80 personnes au départ devrez survivre à une tempête qui approche (dans une vingtaine de jours). La partie débute alors que les 80 personnes (dont 15 enfants et ça a son importance vous verrez…) n’ont ni de toit ni à manger, le tout par -40°. Tout ce que vous avez comme instruction, c’est de démarrer un énorme générateur au centre de la carte. Le but sera de construire une ville autour de ce dernier, sachant que plus on s’éloigne de lui plus on se caille les miches ! Et pour se faire, on devra collecter du bois et du métal pour bâtir les structures et du charbon pour alimenter le générateur. La première partie, c’est l’apocalypse puisqu’on ne connaît pas le jeu et qu’on raisonne comme dans un STR classique. Le premier piège dans lequel on tombe c’est la gestion du stock de charbon : nos ouvriers en collectent tant par heure donc on se dit qu’on a X heures de marge, le jeu est même sympa puisqu’il vous l’affiche directement sur le générateur. Oui sauf que les ouvriers arrêtent de travailler à 18h, et donc jusqu’à la reprise le lendemain à 6h, bah on a plus aucune production ! Ça couplé aux demandes de votre peuple et aux impondérables qui vous tombent dessus, ça fait beaucoup de choses à gérer. Et ce n’est que le début de la partie…

La loi du plus fort

Et en général, c’est là que ça commence à déraper. Le jeu nous incite à aller dans le livre des lois pour changer les choses, sachant qu’une loi adoptée est applicable dans la foulée et qu’on doit attendre quelque temps avant d’en promulguer une autre. Ces lois sont toujours à double tranchant : augmenter les journées de travail et votre peuple sera mécontent, construire une arène de combat pour divertir le peuple et votre population baissera (forcément, ce sont des combats à mort) et bien d’autres, et plus on ira loin dans une branche, plus on se rapprochera de la tyrannie, et donc plus les mesures auront du mal à passer. Cela donne lieu à de véritables réflexions sur l’humanité et la société actuelle, telles qu’on peut en trouver dans le comix The Walking Dead par exemple, après tout que se passerait-il demain s’il n’y avait plus de gouvernement ni de règles, et que les humains étaient libres de faire ce qu’ils veulent ? Et dans l’urgence, une des premières choses qu’on fera sera de faire travailler les enfants, car au début on ne peut pas se permettre de trainer, et faire sans 15 personnes qui collectent bois, métal ou charbon, c’est extrêmement difficile. Pas impossible, mais pas dès les premières heures de jeu. En parallèle des matières premières, on devra gérer aussi deux jauges en bas de l’écran : l’espoir et le mécontentement, qui sont intimement liés. On devra garder la première le plus haut possible alors que la seconde devra rester au plus bas, sous peine de révolte et autres mutineries. Après tout on n’est qu’un politique, et contrairement aux nôtres qui prennent tous les droits, dans Frostpunk ça se règle par le feu et l’acier si vous voyez ce que je veux dire… On a même des succès où on doit rester en place une journée après s’est fait virer par son peuple et un autre où on doit honorer toutes nos promesses… Bon après au début on n’ose pas trop brusquer les gens, mais avec la pratique on se rend compte qu’on a quand même de la marge, après tout c’est l’apocalypse, merde !

La faim justifie les moyens

Plus le temps passe moins on a de scrupules, et lorsqu’on devra choisir entre la voie de la religion et celle de l’ordre, on basculera irrémédiablement. On a beau se dire qu’on sera modéré, avec la tempête qui approche et les gens qui flippent à mort (en même temps quand on vit par -70°, et que ça continue de baisser…), on doit prendre des décisions sur l’instant et on a tellement de trucs à penser / gérer, que c’est extrêmement difficile de rester rationnel. Alors on croit faire le bon choix, et on se retrouve un peu après avec une milice religieuse / des soldats intraitables qui patrouillent en ville, des exécutions / dilapidations publiques pour faire des exemples et d’autres « joyeusetés », tout ça au nom de la survie. La tempête arrive et la faim ce sont nos fesses qui font bravo lorsqu’on voit le thermomètre passer à -90°, -100° et même à -120°. On se dit à ce moment-là que c’est le « climax », le haut de la montagne à escalader, le boss de fin à buter, et que ça va redescendre dans quelques heures, tout habitué aux autres jeux qu’on est. On aura bien tort et le jeu nous répondra en nous collant un -150°, et ce des jours durant, on perdra alors des citoyens toutes les minutes et nos usines et autres outils de production seront gelés, on verra du coup notre stock de charbon fondre comme neige au soleil et il nous restera alors plus qu’attendre… Puis, comme la lumière au bout du tunnel, la tempête se calmera et on gagnera la partie, le jeu nous fera alors une rétrospective de tout ce qui s’est passé durant nos 6 ou 8 heures de jeu et on sera confronté à nos choix. ON se dira alors qu’on est le pire enculé, qu’on aurait pu mieux faire et que du coup, bah on va ressayer. Ça se passera mieux, mais bon nombre d’évènements sont aléatoires et ne se reproduisent pas d’une partie sur l’autre donc on l’aura quand même dans l’os. Il y a 3 scénarios, plus un nouveau qui a été ajouté gratuitement en septembre. J’ai lu des critiques sur l’absence d’un mode libre : bah moi je préfère les scénarios, car sur le mode libre on n’aurait pas la narration et très franchement ça serait dommage vu la qualité de cette dernière…

On est toujours attendu au tournant après un succès, et 11 bit studioss’en est plus que bien sorti avec ce Frostpunk qui marque des points dans tous les domaines ou presque. Super joli, avec ces mécaniques sans faille et sa narration incroyable, le jeu fait comme This War Of Mine, à savoir traiter différemment son sujet. Place ici à un futur d’anticipation pas si lointain que ça vu la tournure récente des dérèglements climatiques, où les choix qu’on fait et les situations qui nous sont imposés nous font réfléchir… Une très bonne surprise, qui sera, à n’en pas douter, bien classé dans mon Top de l’année…

J’ai aimé

+ Visuellement somptueux

+ Un city builder mixé avec un STR

+ Des choix difficiles à faire dans l’urgence

+ Des thèmes très adultes qu’on voit très rarement dans le JV

+ Plusieurs modes de difficultés qui permettent de progresser

+ Ambiance « Noire de chez noire »

+ Le sentiment d’être à l’abri qui fond comme neige au soleil

+ 4 scénarios différents avec moult scènes cultes

+ Sans aucune pitié et très exigeant

+ Une réflexion intéressante sur une possible fin du monde

+ L’épilogue à chaque fin de partie qui retrace notre parcours

J’ai pas aimé

– Un système de lois finalement trop léger (on prend quasiment les mêmes trucs d’une partie sur l’autre)

– Quelques soucis d’interface

 

Ma Note : 8/10

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Publié le 15 novembre 2018, dans Tests, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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