[Test] Assassin’s Creed Origins, l’épisode perché tout en haut de la pyramide ?

Titre : Assassin’s Creed Origins

Développeur : Ubisoft Montréal

Date de sortie : 27/10/2017

Plateformes : PC / PS4 / Xbox One

Après Assassin’s Creed Syndicate, qui n’a pas été vraiment salué par la critique et au niveau des ventes, Ubisoft a décidé de mettre en pause la parution annuelle de sa série phare. Je dois dire que même en tant que fan, je concède n’avoir plus vraiment attendu les derniers épisodes et avoir eu l’impression de jouer au même jeu avec juste une skin qui changeait. Voici donc Assassin’s Creed Origins, un épisode qui se veut revenir aux origines des Assassins dans cette Egypte antique pleine de mystères. Voici ce que j’en ai pensé après presque une centaine d’heures de jeu…

On efface tout et on recommence

Historiquement, la série propose toujours 2 phases de jeu : celle dans le passé où on revit les souvenirs de son ancêtre assassin et qui fait l’intérêt majeure du jeu et celle dans le présent où on incarne un personnage lambda entre 2 phases dans le passé. Le jeu est ainsi divisé en Séquences et chacune d’elles donne accès à de plus en plus de terrain sur la map et il est ainsi impossible la plupart du temps d’aller se balader direct sur toute la carte, il faut en général attendre quelques heures pour cela. Durant ces Séquences, composées de plusieurs missions, il y a des objectifs annexes en vue d’obtenir une « synchronisation complète » et de récupérer en général plusieurs Succès et éventuellement une récompense spéciale. La carte est rapidement submergée par des dizaines d’icônes de missions, déplacement rapides et surtout collectibles à ramasser. Enfin, la série a toujours pris l’Histoire comme fond de ses intrigues, avec des personnages célèbres comme PNJ, en se permettant toutefois quelques libertés. (Ah le pape qui fait du kung-fu dans Assassin’s Creed II…) Et bien vous prenez tout ça et vous le foutez à la benne ! On commence le jeu directement aux commande de Bayek en Egypte et il faudra passer le prologue qui dure entre 3 et 6 heures pour admirer le premier changement opéré : fini les Séquences où la map était accessible au fur et à mesure et qui étaient entrecoupées de phases dans le présent ! Ici, seul le prologue est cantonné à une zone et après ça, on peut aller où on veut. (si on accepte de rester à distance des gardes qui ont un niveau bien au-dessus du nôtre) Ce système de Séquences était aussi une occasion pour le développeur de morceler son intrigue, avec chaque Séquence qui représentait un chapitre si on peut dire, et aussi de mettre des objectifs annexes qui permettaient parfois de gagner un objet à la fin. Tout ça rejoint la fausse commune si je puis dire, et c’est franchement tant mieux. L’histoire est désormais une succession de missions, avec parfois des choix dans l’ordre d’accomplissement, ce qui laisse vraiment une impression de liberté bienvenue… Ces changements et même d’autres ont, si on y réfléchit bien, un seul modèle : The Witcher III Wild Hunt sur lequel Ubisoft a bâti la nouvelle ossature de sa série phare…

La witcherisation lui va si bien

A y regarder de plus près, Assassin’s Creed Origins ressemble énormément au chef d’œuvre de CD Projekt, et a donc dû changer pas mal de choses pour arriver au niveau du modèle. L’un des plus gros concerne indéniablement la carte, qui avant était rapidement envahie de dizaines d’icônes pour les missions annexes et les collectibles. Maintenant, place à des points d’intérêt représentés par des points d’interrogations jusqu’à ce qu’on s’y rende pour découvrir quel type de lieu il cachait. Tanières de bêtes, camps d’ennemis, points de synchronisation (un des seuls vestiges de la série à avoir survécu…), tombeaux et autres lieux viendront titiller votre fibre d’explorateur, sachant qu’il n’y a presque plus de collectibles (comparé à avant) et qu’ils ne sont de toute façon pas indiqués sur la carte. On gagne maintenant de l’expérience en explorant la carte et en découvrant des régions et lieux, en plus de celle gagnée lors des combats et des missions. On a un personnage qui monte en niveau et gagne des capacités comme tout bon RPG qui se respecte, mais c’est assez léger car il n’y a pas de caractéristiques à améliorer et l’équipement n’est pas aussi complet qu’un ténor du genre. Le tout est donc accessible avant tout et assez simple, même si ça bouleverse énormément les habitudes des joueurs habitués à un jeu facile où il suffisait de contrer les ennemis pour gagner un combat. L’autre pan du jeu qui a été réformé en profondeur est l’aspect combat, où là encore on est désormais plus proche d’un Witcher ou d’un Dark Souls que d’un Assassin’s Creed ancienne formule où on était encerlcé d’ennemis qui attendaient sagement leur tour pour attaquer et qu’on pouvait tuer à la chaîne avec un simple contre. Maintenant, les ennemis ont des armes et donc des paterns différents, des faiblesses à exploiter et des immunités face à certains armes. Car en sus de l’expérience gagnée et des niveaux, on a désormais de l’équipement à gérer, qu’on gagne sous forme de butin ou loot sur les dépouilles de nos ennemis, en récompenses de quêtes ou bien en explorant cette Egypte antique. Là ou par le passé avec un avait qu’une lame secrète et une épée, désormais on obtient la lame secrète que bien plus tard et surtout elle ne « one shot » plus automatiquement les ennemis, surtout si ces derniers sont d’un niveau plus élevé que votre Bayek. Mais surtout on a pas moins d’une petite dizaine d’armes différentes, avec chacune leurs coups propres, leurs combos et leurs attaques spéciales. Il faudra donc trouver le duo d’armes (oui car on peut en porter 2) avec lequel on sera le plus à l’aise, sachant que c’est la même chose pour les arcs pour les dégâts à distance… Le tout est en plus améliorable chez le marchand du coin, c’est donc terminé du syndrome de l’épée qu’on adore mais qui est de niveau 5 et qu’on ne garde pas longtemps, maintenant on peut garder cette épée jusqu’à la fin du jeu et en échange de quelques pièces on peut l’amener à notre niveau actuel, avec des statistiques du coup adaptée à ce dernier. Très appréciable, je dirai même que si les autres développeurs de RPG pouvait reprendre cette feature pour l’intégrer à leurs futurs jeux ça serait génial !

Duo de choc et de charme

Mais s’il y a un point sur lequel le jeu a fait un pas de géant, c’est sur l’écriture. Sans arriver au même niveau que l’excellent The Witcher III, la série offre ce coup-ci une aventure certes classique dans sa construction mais très crédible sur les situations présentées et avec des personnages très travaillés. C’est donc l’histoire non pas de Bayek mais de son couple, et si le début est je trouve maladroitement présenté, on se rend rapidement compte que les 2 tourtereaux sont séparés. En effet il y a quelques mois de cela, l’évènement le plus terrible pour un couple s’est produit : ils ont perdu leur enfant. Dès lors, c’est sur la voie de la vengeance qu’ils se sont tous deux engagés, et ça les obligera à passer bon nombre de temps séparés sur 2 fronts : alors que Bayek remonte la filière par le bas pas à pas, Aya son épouse s’est alliée à Cléopâtre pour atteindre les cibles les plus haut placé. Alors vous allez me dire « quel est le rapport avec les Assassins ? » et je vais jouer franc jeu : ce nom n’est pas une seule fois prononcé de tout le jeu. On va suivre l’évolution du couple durant toute l’histoire, avec les hauts et les bas, les réussites et les échecs, les alliances et les trahisons, et tout ça mènera à la toute fin du jeu au préambule du fameux Crédo. J’ai lu ici ou là que le titre Origins n’était qu’une enfume et je vais être catégorique : ces gens-là n’ont pas dû aller jusqu’au bout du jeu. Après il y a deux niveaux de lecture : si vous êtes fan de la série et avait fait les anciens épisodes, bon nombre de clins d’œil vous seront adressés alors que si vous êtes néophyte ça sera des cinématiques classiques. Exemple avec cette scène où un morceau de crâne laisse une trace sur la plage : vous êtes fan ça sera génial, vous ne l’êtes pas vous ne la remarquerez même pas. Les thèmes abordés sont aussi très mature, il y a bien sur la perte d’un enfant qui est au centre de l’intrigue mais aussi les relations à distance, et pour avoir vécu ça quelques années je dois avouer m’être reconnu dans les réactions du couple leurs de leurs courtes retrouvailles, cela va dans le sens que j’expliquais plus haut : tout ceci est crédible et cohérent. Sur l’aspect technique pour une fois c’est un sans-faute ou presque : le jeu est non seulement somptueux (encore plus sur PC avec tout à fond et en 4K) mais aussi très bien optimisé, ce n’est pas arrivé à la série depuis plusieurs années c’est donc à souligner. La map est immense et toutes les zones sont ouvertes, si bien qu’à la manière d’un Metal Gear The Phantom Pain on peut choisir son approche et varier les plaisirs, sachant que contrairement à ce dernier il faudra tenir compte de la faune locale… Et qu’avec les compétences à acquérir et le loot, ça fait énormément de possibilités ! Un mot enfin sur ce qui ne va pas ( quand même ! ), alors il y a toujours des soucis avec l’IA, qui est capable du meilleur comme du pire, même si pour le coup avec le gigantisme de l’univers il suffira d’aller se balader pour réinitialiser les scripts. Le vrai problème ( le seul ? ) à mon sens concerne les packs d’équipements virtuels achetables avec de l’argent bien réel, qui ruine tout simplement un des points cruciaux du jeu, à savoir la recherche d’équipement. Si dès le début on a des armes légendaires et qu’en plus on peut les améliorer, bah on n’essaye tout simplement pas les autres, et il y a fort à parier que pas mal de joueurs vont se laisser tenter et louper un pan entier du jeu. Dommage…

Mais mon Dieu quel bijou ! Beau à tomber, cet épisode est avant tout celui qui met un grand de pied dans les baloches de la série avec un jeu qui est méconnaissable par rapport aux autres. Exit le système de Séquences, les combats ont été repensés de A jusqu’à Z, le système de niveaux arrivés avec Unity a été complètement revu et l’aspect RPG avec les arbres de talent et le loot donnent une nouvelle dimension au jeu. Avec des zones ultra ouvertes à la MGSTPP, on a des dizaines de façons d’arriver à ses fins et le contenu est tout simplement pharaonique sans mauvais jeu de mots. Les quêtes annexes sont plutôt sympa et côté Histoire c’est plutôt très bon aussi, malgré un démarrage assez poussif il faut bien le reconnaître. Cerise sur le gâteau, on a un duo de personnages qui fonctionne très bien et le jeu est franchement bien écrit. On a bien quelques soucis d’IA et une boutique proposant des Loot Boxes (inutiles au demeurant) qui n’ont rien à faire là, mais franchement devant un tel boulot on ne peut que poser le genou à terre. Respect…

J’ai aimé

+ Magnifique comme le Sphynx !

+ Très bien optimisé

+ L’Egypte antique, ses paysages, ses tombeaux, ses monuments…

+ La map en mode Skyrim…

+ … Avec les lieux à visiter et les évènements aléatoires qui vont avec…

+ …si bien qu’on peut littéralement y passer sa vie ! (=> Durée de vie énormissime)

+ Le système de Séquences => dégagé, place à la liberté dès le début

+ Les combats => repensés, place à des joutes passionnantes et variées

+ Système de Niveaux à AC Unity => réformé, place à un RPG avec tout ce que ça implique

+ Les différentes armes et leurs attaques spéciales

+ L’arbre de Talents en mode Far Cry avec 3 « voies »

+ La chasse, l’artisanat, l’exp, le loot… où comment accrocher n’importe quel fan de RPG

+ Equipement upgradable => Je veux ça dans tous les RPG maintenant !

+ Zones ouvertes à la MGSTPP pour des approches à la carte, les animaux sauvages en plus

+ Du défi pour les meilleurs joueurs, les Éléphants de guerre et les Phylakes

+ Une map épurée à la The Witcher => fini la tonne d’icône à la Ubisoft

+ Les phases dans le présent zappables mais riches en infos pour le fan de la série

+ Une fois qu’elle est lancée, l’histoire est passionnante…

+ … et propose des scènes à couper le souffle

+ Très bien écrit

+ La relation entre Bayek et Aya

+ L’Origins du titre entièrement justifié (pour une fois…)

+ Du fan service de qualité

J’ai pas aimé

– Le début de l’histoire, pas vraiment clair

– L’IA en mode aléatoire : parfois géniale, parfois à chier

– Les packs d’armes légendaires qui anéantissent le principe du loot

– La boutique Hélix qui ne devrait pas exister (même si on n’en a absolument pas besoin)

Mes Notes :

9/10 pour les fans de la série qui ont fait les autres épisodes

8/10 pour les non initiés

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Publié le 23 février 2018, dans Tests, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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