[Test] Mirror’s Edge Catalyst, la suite indigne ?

mirrorsedgecatalystTitre : Mirror’s Edge Catalyst

Développeur : Dice

Date de sortie : 09/06/2016

Plateformes : PC / PS4 / Xbox One

Mirror’s Edge fait partie de ces jeux qui innovaient et qui se sont plantés, en grande partie car coincé entre Call Of Duty, Fifa et Assassin’s Creed. Néanmoins, les fans ont toujours demandé au développeur et à l’éditeur une suite, et il aura fallu attendre 8 ans pour la voir venir. J’en fais partie, autant dire que j’attendais beaucoup cette suite. Les critiques assassines de la presse m’ont quelque peu refroidi, et j’ai finalement craqué pour le jeu fin Juillet. Alors Mirror’s Edge Catalyst, ça vaut quoi ? Un fan vous répond…

Une histoire de localisation

mirrorsedgecatalyst-01Alors pour commencer ce n’est pas vraiment la suite de Mirror’s Edge mais plutôt une préquelle / reboot. On retrouve donc Faith au début de sa carrière si je puis dire, à sa sortie de prison. Elle rejoindra rapidement les siens et bien qu’elle soit une légende (oui parce que bon, ce n’est pas tout à fait ses débuts non plus), elle sera traitée comme une noob. Toutes les séquences narratives sont présentées au travers de superbes cinématiques en image de synthèse bien classes, et franchement ça claque à mort. mirrorsedgecatalyst-02Malheureusement l’histoire n’est pas bien originale et les situations sont assez prévisibles dans l’ensemble (on peut même se faire un bingo avec les choses attendues), mais c’est surtout l’écriture du jeu qui fera grincer les dents des fans et les sortira du « trip ». Et c’est surtout un problème de localisation, car quand un PNJ vous lance un « Salut, ça pulse ? » dès qu’il vous croise, c’est assez risible et franchement pathétique… La VF ou plutôt le doublage en tant que tel n’est pas vraiment en cause, la plupart des doubleurs sont dans les clous, même si à côté de la VO il n’y a pas photo. mirrorsedgecatalyst-03Les personnages secondaires sont en plus assez clichés et entre l’espèce de rebelle aux lunettes de soleil même quand il fait nuit et l’espèce de demeurée hackeuse de folie, j’avoue que ma main frétille à mettre des baffes. Je conseille donc d’y jouer un VO afin de retrouver un doublage plus confortable et surtout la disparition de ces expressions de merde qui nous pourrissent le délire. En revanche il ne faudra pas être anglophobe, puisque ça sera VO avec des sous titres en anglais, le jeu ne permettant pas de dissocier langue parlée et langue des sous-titres…

I have a feeling *

mirrorsedgecatalyst-04Maintenant que l’aspect scénaristique et la localisation ont été abordés, intéressons-nous à ce qui fait le cœur du jeu, à savoir son gameplay. Alors est-ce que dans ce Mirror’s Edge Catalyst on retrouve les sensations assez uniques que proposaient Mirro’s Edge. Alors oui et non. Un peu comme dans les conditions générales, cet astérisque dans le titre n’est pas là par hasard. Elle renvoie à la phrase suivante : « Si vous activez l’instinct urbain à fond en permanence. » L’instinct urbain était déjà présent dans le premier Mirror’s Edge. mirrorsedgecatalyst-05Il permettait aux morceaux de décors avec lesquels interagir de se retrouver en rouge vif, ce qui dans le décor blanc immaculé de Glass City sautait aux yeux. Dans cette suite / reboot, ce truc est toujours présent, mais il y a un niveau en plus avec une sorte de ghost qui vous indique le chemin à emprunter. Alors vous allez me dire à quoi bon activer ce machin, ça ruine l’exploration et ça rend le jeu linéaire, pour un monde ouvert c’est le comble, et vous aurez raison. Seulement voilà, et je le détaillerai dans le dernier paragraphe, le jeu n’a de monde ouvert que le nom, et si on se met à explorer, on meurt toutes les 2 minutes car on va là où les développeurs n’ont pas prévu qu’on aille. mirrorsedgecatalyst-06Et ces gros malins ont cru bon de nous le faire savoir par des morts instantanées… Dans le genre idée à la con, ça se pose là ! Cependant, il faut confesser qu’avec le sens urbain d’activé à fond, on prend son pied comme dans Mirror’s Edge. Faith cours tel le vent, on entend son souffle et ses gémissements en cas de mauvaises chutes, les roulades et sauts occasionnent de chouettes mouvements de caméra réalistes, bref c’est le pied ! La ville est à ce titre incroyablement belle, et d’un point de vue purement artistique c’est même un chef d’œuvre ! Mention spéciale au dernier niveau de l’histoire, baptisé à très juste titre L’Eclat, qui est tout simplement une des choses les plus jolies qu’il m’a été donné de voir dans toute ma vie de joueur, rien que ça !

* : Si vous activez l’instinct urbain à fond en permanence.

On ne s’improvise pas level designer…

mirrorsedgecatalyst-07Dans ce dernier paragraphe, je vais traiter ce qui ne va pas, et il y en a un paquet… On va commencer par le plus grave, à savoir ce qui ruine le trip si par témérité on osait désactiver le sens urbain, le fucking level design. Concrètement le jeu est un monde ouvert, les toits de la ville du moins. Ce qui veut dire que pour aller à un point B, on est censé pouvoir choisir son itinéraire. Dans Mirror’s Edge Catalyst, si on va là où les développeurs n’ont pas prévu, c’est la mort immédiate. mirrorsedgecatalyst-08Et ce n’est pas forcément de notre faute, il y a des fois où l’on croit voir un chemin, et dans les faits ça l’est, sauf qu’au bout de ce chemin tortueux, il y a un cul de sac, et dans la majorité des cas on ne peut pas revenir à notre point de départ à cause d’une hauteur trop importante. Le pire reste sans conteste cette pente dans les premiers niveaux du jeu : si on glisse pas de soucis, on arrive en bas et on continue. Par contre si on saute avant la fin de la pente, ce n’est pourtant pas bien haut mais c’est la mort immédiate. Le comble c’est si on arrive sur cette pente en sautant, insta-kill direct ! mirrorsedgecatalyst-09Il y a des fois où pendant le jeu on saute de distances bien plus hautes et on n’a rien si on fait la roulade à réception de chute… C’est assurément le plus gros fail du titre. Il est suivi de près par le fucking grappin, tout droit emprunté à la série des Batman Arkham. Sauf que contrairement aux titres de Rocksteady, son utilisation est un calvaire, du moins là encore si on ne joue pas avec l’instinct urbain. Si on n’est pas pile poil dans la micro zone prévue à cet effet (à peine 5-10 centimètres à l’écran), le grappin ne s’accroche pas et on finit en bas de l’immeuble. Je reviens sur le dernier niveau du jeu, vous savez la plus belle chose que j’ai vu, bah c’est aussi une des pires choses à jouer, vu que ce niveau est quasi full grappin !

… ni game designer !

mirrorsedgecatalyst-10Ah bah il y a tellement de choses à dire sur le sujet que je déborde, et du coup ça fait un paragraphe de plus qui sera le dernier, même si ça va faire un payé vu tout ce qu’il me reste à aborder.  Hormis ces deux gros soucis de level design, le titre se coltine tout un tas d’idées pas franchement malines, à commencer par un arbre de compétences qui n’a rien à faire là… C’est bien simple, des mouvements de base comme le simple fait de relever les jambes pendant un saut, la simple roulade après une chute ou le demi-tour en l’air sont ici verrouillés dès le début du jeu. Pour (re)gagner ces mouvements, il faudra progresser dans l’histoire et faire des missions annexes, afin d’amasser de l’expérience en vue de gagner ces fameux points de compétence. C’est un jeu avant tout destiné aux fans, qui réclament cette suite depuis des années. Qui parmi l’équipe de Dice a eu l’idée de dire, « et si on verrouillait des mouvements de base pour mettre un système d’exp ? » Après tout c’est vrai qu’on est tout à fait dans un RPG… mirrorsedgecatalyst-11On a vraiment l’impression que les développeurs ne savaient pas où ils allaient et qu’ils ont introduits les trucs à l’arrache. C’est vrai que les mondes ouverts ont la cote ces temps-ci, tout le monde en fait, avec plus ou moins de réussite. Sauf que n’est pas Rockstar ou CD Projekt qui veut, et faire un monde ouvert réussi ça demande de l’expertise et un brin de bon sens. Le monde de Mirror’s Edge Catalyst n’est pas vide, il y a même des tas de choses à faire. Des missions annexes et des collectibles, bien sûr, mais aussi des quêtes du type « Fedex » qui, pour une fois et notez-le bien car ça n’arrivera pas souvent, ont une légitimité puisqu’on joue une livreuse. mirrorsedgecatalyst-12Pour autant, comment ne pas s’indigner de trouver un enregistrement audio sur les parents de Faith, le truc un peu confidentiel, au fin fond d’un vieux conduit d’aération… Dans le même ordre d’idées, les PNJ qui vous donnent les quêtes restent muets et statiques tout le long du jeu mais une fois que vous avez passé le moment scénaristique d’activation, ils vous interpellent sans arrêt, à la limite du harcèlement. Ils sont aussi toujours à des endroits improbables, des lieux où ça ne choque pas de trouver la meilleure messagère de tous les temps, mais un pauvre scientifique n’a clairement rien à foutre là ! mirrorsedgecatalyst-14Le jeu se voit doter d’un mode en ligne particulièrement bien intégré il faut l’avouer, avec des défis d’autres joueurs qui apparaissent sur la carte et qu’on peut faire à n’importe quel moment entre 2 missions. Avant dernier point, les fameux combats… Alors là il y a du bon et surtout du moins bon en fait. Le bon, c’est que désormais on ne peut plus utiliser d’armes à feu du tout. Tout se résout aux kicks et autre coups de pieds circulaires comme ce bon JCVD sait le faire. mirrorsedgecatalyst-13Le moins bon, c’est que parfois on est OBLIGE de neutraliser tous les ennemis de la zone pour avancer, et on aura beau donner tout ce que l’on a contre cette fichue porte, elle refusera de s’ouvrir tant que tout le monde n’est pas K.O. L’autre point noir, c’est que ces combats sont trop longs, la faute à des ennemis qui sont de vrais sacs à PV, et qu’il faut matraquer de coups pour les neutraliser. La conséquence, c’est qu’on en vient à détester les combats, et malheureusement, il y en a pas mal… Finissons avec la partie technique : alors sur un PC bien costaud c’est très joli et conforme aux trailers, par contre sur consoles et PC plus modestes, c’est la fête de l’aliasing, du poping de textures, des ralentissements et autres joyeusetés. mirrorsedgecatalyst-15Ça n’a clairement pas sa place dans un jeu fait par les créateurs du moteur de Battlefield 4, un jeu qui en impose techniquement même sur console, qui est nettement plus ambitieux graphiquement et où il y a des dizaines d’IA à gérer sur les champs de bataille. Il faut rappeler que Mirror’s Edge Catalyst se déroule sur des toits avec relativement peu de monde à l’horizon… Enfin, terminons sur une note positive, et le mot est bien trouvé puisqu’il s’agit de la B.O, toujours signé Solar Fields et toujours dans le thème. Ça participe indéniablement à l’immersion, et c’est bien un point sur lequel il n’y a rien à dire…

yesnoJ’aurai tellement voulu l’aimer ce Mirror’s Edge Catalyst, et à vrai dire je l’ai aimé. Mais il faut se rendre à l’évidence, il y a trop de problèmes pour pouvoir réellement l’apprécier pleinement. Sur les niveaux en intérieurs, avec le sens urbain d’activé, c’est vrai on kiffe. Mais il suffit de l’éteindre quelques minutes pour que les problèmes nous sautent à la gueule, ce jeu est mal branlé et puis c’est tout. Après en ayant connaissance de ses défauts, si vous le trouvez par cher et si vous êtes ultra fan du premier Mirror’s Edge, alors là oui vous pourrez lui trouver de l’intérêt. Ça fait quand même beaucoup de si, putain mais quel gâchis…

J’ai aimé

+ C’est vraiment beau !

+ Glass City = la grosse classe !

+ Un jeu à l’ambiance unique

+ Artistiquement somptueux

+ Cinématiques sublimes

+ La B.O au top

+ Avec le « GPS » d’activé, on retrouve les sensations de Mirror’s Edge !

+ Multi. Bien intégré

+ Quêtes « Fedex » pour une fois cohérentes avec le principe du jeu

+ Pas mal de choses à faire

+ Le dernier niveau, visuellement magnifique !

J’ai pas aimé

– Personnages secondaires clichés

– Localisation ratée…

– … « Salut ça pulse ? » => Tout est dit !

– Ennemis trop résistants…

– … Obliger le joueur à neutraliser les ennemis pour passer à la suite…

– … => Aspect baston rébarbatif

– Lorsqu’on désactive le  « GPS », les fautes de level design deviennent insoutenables

– Mourir d’une chute parce que je suis allé là où les développeurs n’avaient pas prévu

– L’ignoble et infâme grappin !!!

– Les mouvements de base à débloquer via un arbre de compétences, sérieusement ?

– Monde ouvert rempli à au chausse pied !

– Le dernier niveau, un cauchemar à finir !!!

Ma Note : 6/10

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Publié le 23 août 2016, dans Tests, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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