[3615 Ma Vie] Pourquoi il n’il y a plus d’articles sur le blog depuis presque 3 mois ?

Coucou ça va ? Comment ça « ça fait un bail ! » et autres expressions du genre ? Roh ça va hein, j’ai reçu plein de mails et de commentaires me demandant ce qu’il s’était passé et si j’allais bien (et je vous en remercie au passage ^^), et plutôt que de répondre 1 à 1 j’ai décidé d’en faire un article. Mais j’ai de bonnes raisons, de très bonnes même, et je m’en vais justement me « justifier »…

Ainsi commence mon histoire…

Le 20 août dernier, je suis parti avec mon ami Kawa pour la Gamescom, un salon qui était très attendu pour nous car c’était la première fois qu’on allait pouvoir essayer les consoles Next Gen et qu’il y avait 2-3 VIP présents sur le salon. Seulement voilà, 10-15 minutes après avoir passé la frontière allemande, nous avons eu un accident de voiture et là tout a basculé… Pour Kawa, il n’a heureusement eu que des dommages superficiels, du moins physiquement, et il a d’ailleurs fait un article là dessus. Pour moi en revanche, je suis passé par plusieurs phases, du coma à l’hospitalisation, et je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu durant ces 3 derniers mois…

Le vol du destin

Avant cet accident j’étais un jeune trentenaire, bon vivant, j’avais mes pleines capacités et je faisais régulièrement du sport, et du jour au lendemain le destin m’a tout pris. Du moins c’est comme cela que je le vis, même si je suis à 300% responsable de l’accident. La suite c’est 10 jours dans le coma durant lesquels j’ai frôlé le game over définitif, une grosse opération neurologique, un transport par ambulance jusqu’à l’hôpital de Nancy et une suite d’évènements souvent triste, même si le fait de revoir mes proches à su m’apporter quelques moments de joie.

C’est avant tout un combat de tous les jours pour « reprendre » ce qui m’a été volé, des trucs tous simples comme le fait de pouvoir marcher ou aller aux toilettes tout seul sans aide, des choses auxquelles on ne fait pas attention car ça nous parait normal, sauf que quand on ne peut plus les faire, la vie se transforme en cauchemar, littéralement. Je me suis réveillé le 30/08, soit 10 jours après l’accident, dans un lit d’hôpital avec un masque à oxygène sur la tronche, une perfusion à l’épaule droite et je ne pouvais pas bouger ni mon bras gauche ni ma jambe gauche. Croyez moi ça fait tout drôle.

Et là une multitude de questions a envahi ma tête, « Où suis-je ? », « Que s’est-il passé? », « Vais-je récupérer l’usage de mes membres gauches ? » et bien d’autres, je me suis alors souvenu de mon dernier souvenir, à savoir le passage de la frontière allemande avec Kawa. « Que lui était-il arrivé ? « , j’en savais fichtre rien, et ça commençait  à m’angoisser. J’ai ensuite eu la visite des infirmières, qui m’ont parlé d’hémiplégie je ne sais quoi, et que j’allais être sous grosse surveillance durant les prochains jours. Le soir venu j’ai eu ma première « vraie » visite, ma chérie, et c’est là que je me suis aperçu qu’en plus du reste, j’avais aussi perdu la parole. Alors j’ai fait avec les moyens du bord, un serrement de main pour dire « oui » , et deux pour dire « non ».

Elle a alors entamé un long monologue, durant lequel j’ai appris l’essentiel, que Kawa allait bien et qu’il était même rentré chez lui, et aussi que ma perte de parole était dû à une intubation durant mon coma, et que ça allait revenir très vite. Pour le reste par contre elle ne m’a rien dit et pour cause, les médecins de l’hôpital ne lui ont rien dit là-dessus. Super… Les jours qui ont suivis ont été très dur pour le moral, de l’incontinence au fait d’être ultra assisté, même pour manger, se brosser les dents ou se raser, sans oublier la petite toilette par les infirmières qui vous nettoient les parties intimes, c’est pas facile à vivre croyez moi, on se sent tout simplement minable il n’y a pas d’autres mots.

J’ai reçu de plus en plus de visite, des fois il n’y avait limite plus assez de place dans la chambre, et j’ai pu revoir l’ensemble de ma famille proche ainsi que mes amis, dont le bon Kawa qui a été l’un des premiers à se déplacer. J’ai aussi reçu de nombreuses « douceurs » pour compenser la bouffe immonde de l’hôpital. Puis j’ai vite retrouvé la parole ainsi que l’usage de mon bras gauche, j’arrivais à bouger la jambe gauche un peu mais rien de bien réjouissant. Quant au fait de marcher, les quelques essais entrepris seul se sont soldés par des chutes immédiates sur le sol, avec en prime des infirmières qui ont mis une fois une demie heure à arriver malgré mes appuis répétés sur le bouton rouge, synonyme que j’avais besoin d’aide pour me relever. Les jours passant j’ai commencé à « remarcher » avec 2 infirmières qui me tenaient de chaque côtés et j’ai fini par apprendre que j’allais être transféré dans un centre de rééducation, aussi bien réputé pour la qualité de ses soins que pour son aspect difficile.

La remontée fantastique

Le 16/09, j’ai donc été transféré au centre de rééducation de Lay Saint Christophe, à 10 minutes de Nancy en voiture. Surnommé le « Goulag » par ceux qui y sont allés, c’est donc avec beaucoup d’appréhension que j’ai intégré le centre… Dans les faits, c’est un peu comme l’hôpital, il y a des patients, il y a des infirmières et des médecins, il fait froid, la bouffe est immonde mais si on peut et veut s’en sortir, on en a les moyens : comprenez par là qu’il y a tout l’équipement nécessaire et de très bons thérapeutes. Concernant les équipes soignantes, idem, elles ont tendance à vous pousser vers l’avant, ce qui change radicalement du CHU où tout le monde était aux petits soins avec moi. Le premier jour on vous fiche la paix, une visite du centre, un défilé de médecins qui viennent se présenter et au lit. Et là, vers 22h30, réveil en sursaut à cause des lumières qui s’allument, c’est « simplement » la ronde des infirmières… Rien de spécial dans les faits hormis le fait de m’avoir réveillé, et elles remettent le couvert vers 04h du matin, avant de passer au réveil vers 07h.

Là, les choses s’accélèrent : la bonne « toilette » et le petit déjeuner, et hop direction la première leçon de kinésithérapie, en fauteuil roulant. Bah oui, ne pouvant me déplacer seul, j’ai donc hérité d’une de ces « merveilles », et là un nouveau monde s’est ouvert à moi. Déjà se déplacer tout droit fut un exploit, car n’ayant pas retrouvé mes pleines facultés du bras gauche, le fauteuil partait à gauche tout le temps. Ensuite, quoi qu’on en dise ça fatigue vite les bras ces machins, et enfin, c’est super lent : j’avais l’impression d’être un escargot. Bref, je finis par arriver en kiné, où l’on me fis passer des tonnes de tests plus ou moins faciles, pour terminer sur une longue séance de marche entre des barres parallèles sur lesquelles je me tenais, avant d’enchaîner sur de la marche en couloir avec un rolator, plus communément nommé déambulateur.

J’ai donc pris un nouveau coup au moral en me déplaçant avec ce truc, ayant l’impression d’être comme un petit papy, bien que dans les faits, il me permettait de remarcher tout seul. Le seul hic, c’est qu’une fois la séance finie, la kiné ma repris mon précieux « joujou » et m’a remis sur mon satané fauteuil roulant. Qu’importe, je décidai de repérer où il était rangé pour ensuite aller « l’emprunter » tous les matins façon Solid Snake, car n’ayant plus rien à faire jusqu’à 15h30, autant joindre l’utile à l’agréable (car j’avais l’impression de progresser avec). Par contre impossible de le garder pour la journée, car les ailes techniques du centre ferment à 18h, et s’il manquait du matos ça se serrait vu.

J’ai donc caché à mes proches le fait que je faisais des « extra » avec le rolator, comptant bien me dresser sur mes deux jambes le plus vite possible devant eux sans ce bidule. A 12h, retour dans la chambre pour « savourer » le « délicieux repas » avant de partir en ergothérapie pour 15h30. Là bas des tests encore, mais de logique, de concentration et d’attention, pour un bilan final assez satisfaisant. A priori le destin ne m’a pas volé mon mental, c’est déjà ça de gagné. Puis arriva le premier week end au centre où le mot « ennui » prend tout son sens. On vous lève à la même heure que d’habitude, sauf qu’il n’y a pas de séance de kiné ou d’ergo, pire les ailes sont fermées donc impossible de se glisser en douce en kiné pour « louer » le rolator ou pour faire visiter le centre à celles et ceux qui viennent me voir. On reste donc au lit du matin au soir, et ce durant 2 jours. Super.

De jour en jour je marchais de mieux en mieux entre les barres parallèles, si bien qu’à un moment, j’ai décidé de lâcher les mains, juste pour voir. Et bordel ça fonctionnait ! Au moment d’aller dans le couloir, la kiné me met le rolator devant moi avant de me dire qu’elle m’avait vu entre les barres parallèles le faire sans les mains. Et puis elle m’a sourit avant de me lâcher « Aller, lève toi et marche ! » en m’écartant le rolator du passage. Je ne me fis pas prier, ni une ni deux me voilà dressé sur mes deux jambes et propulsé dans le couloir. Un moment tellement fort que j’en ai pleuré de joie, comme un gamin qui reçoit ce qu’il a demandé à Noël. Une grosse victoire après seulement une semaine au centre, surtout que le simple fait de remarcher m’ouvrait à nouveau les portes de l’autonomie.

Fini donc les toilettes dans le lit ou le rasage assisté, à moi la liberté ! J’ai passé le reste de la journée à préparer la surprise pour ma chérie le soir venu. Après beaucoup de plans échafaudés, celui qui a retenu mon attention est celui qui consiste à « simplement » aller la chercher à l’ascenseur. J’ai donc guetté à la fenêtre dès 17h en priant qu’elle se gare à une place qui se voyait de ma fenêtre et peu après elle est arrivée. Je me suis donc levé et j’ai dégagé le fauteuil du passage d’un air satisfait, avant de rejoindre le couloir où se trouvait l’ascenseur. Et là les portes s’ouvrent, et ma chérie qui n’en croient pas ses yeux de me voir debout tout seul, à tel point que les portes de l’ascenseur ont failli se refermer.

Dès le lendemain je décidai de mon propre chef d’abandonner le fauteuil roulant et d’aller aux séances à pied, même si ça me fatiguait beaucoup. C’est en forgeant qu’on devient forgeron je me suis dis, donc si je veux « bien » marcher, autant s’entraîner au maximum. Le centre est allé dans mon sens, à savoir que terminé les repas au lit, il me fallait maintenant aller au réfectoire pour aller manger, et ce matin, midi et soir, et les toilettes au lit terminé également, direction les vraies douches pour se laver seul en toute dignité. Ca faisait moins de travail aux équipes soignantes et moi ça m’arrangeait, tout le monde était content. Les jours suivants j’ai montré mes progrès à mes amis et à ma famille, qui comme ma chérie n’en sont pas revenus. Le mercredi suivant c’était jour de synthèse, un évènement qui a lieu tous les mois, où concrètement vous êtes sur le lit, entouré du médecin et des infirmières, sans oublier les thérapeutes qui vous suivent.

J’ai rien compris aux 3/4 des choses qui se sont dites vu que je ne connais rien au langage médical, en gros ils ont fait un récapitulatif de ce qui m’était arrivé depuis l’accident. Puis vint le moment où on me donne la parole : et j’ai demandé si je pouvais rentrer chez moi les week-end vu qu’on fait rien au centre et que maintenant que je pouvais me déplacer, je trouvais vraiment le temps long, le médecin a dit « oui ». Encore une bonne nouvelle, même si le fait de monter les escaliers de ma résidence posait à priori problème. Dès le lendemain la kiné m’a emmené dans les escaliers de service pour tester la montée et descente des marches. Ce fut un vif succès, même si je fatiguais très vite. Le vendredi soir, les ambulanciers sont donc venu me chercher pour me ramener chez moi, un grand moment qui fut suivi d’un repas de roi, la bonne grosse raclette des familles, sans alcool toutefois vu que mon traitement l’en empêchait. Un petit verre de vin blanc ou de rosé serait pourtant passé tout seul mais qu’importe, j’étais chez moi !

Le trou noir

Je pris conscience que plus d’un mois s’était écoulé et que j’avais plein de choses à régler. Les impôts à payer, les assurances à contacter, un voyage à Venise réservé avant l’accident et qu’il m’était impossible de réaliser dans mon état actuel à annuler… Ma chérie s’était occupé de beaucoup de choses pendant mon absence et on a commencé à discuter de ce qu’il s’était passé pendant mon coma en Allemagne. J’ai causé beaucoup de soucis et de tracas à mes amis et à ma famille, j’étais méconnaissable en Allemagne avec la tête qui avait triplé de volume et j’étais inconscient. Ca a été incontestablement une grosse épreuve pour mes proches et toutes les excuses du monde ne sauraient réparer le tord que je leur ai infligé…

Après une bonne réflexion, on s’est dit que le voyage à Venise ne serait peut être pas à annuler et nous ferait du bien au final. Il me fallait par contre redoubler d’efforts pour être prêt pour le jour J, soit le 06/11. Le dimanche soir ce fut l’heure de rentrer au centre et plus on avançait plus la déprime me gagnait. La semaine suivante commença très fort avec un malaise dès le mardi, fort heureusement mon voisin de chambre a amorti ma chute alors que je me levais pour aller aux toilettes. Plus de peur que de mal donc mais ça fait vraiment bizarre de s’écrouler d’un coup comme ça, sans pour autant pouvoir y faire quelque chose.

Et tant qu’à continuer dans les « bonnes » nouvelles, on a appris sans trop de surprise le lendemain que le trajet en avion pour aller à Venise me serait impossible, et qu’il fallait trouver un autre moyen de locomotion. Le week end suivant fut donc mis à profit pour trouver le moyen le moins onéreux de nous y rendre, et on a donc choisi le train de nuit, pour le double du prix de l’avion et pour un trajet 9 fois plus long et au passage nettement moins confortable. Alors vous me direz, qu’est ce qui m’empêchait de prendre l’avion et qui me motivait à m’infliger une telle peine à la place ? La réponse tient un mot : la survie. Car il faut savoir qu’en m’opérant en Allemagne, on m’a ouvert le crâne, on y a retiré les débris d’os, et on a refermé tel quel pour laisser le temps à l’hématome dû au choc de l’accident de régresser.

Donc encore à ce jour, je n’ai plus de « couvercle » et il m’est impossible de prendre l’avion, à moins bien sûr de ne pas tenir à la vie, car en cas de dépressurisation de la cabine, le contenu de mon crâne se répandrait sur la plafond. C’est dissuasif. Pis en même temps je m’en suis déjà tiré une fois, et j’ai pas vraiment envie de remettre ma vie entre les mains du destin. Beaucoup n’ont hélas pas de deuxième chance. Les semaines suivantes ont été calmes niveaux progrès, si bien que j’ai demandé à intégrer le programme balnéothérapique, bien connu pour ses bienfaits sur les personnes privées de leurs capacités physiques et pour son eau à 34 degrés. Et ce fut une bonne idée, car dès la première séance, la kiné nous a demandé d’essayer des choses qu’on ne pouvait pas faire hors de l’eau, et pour moi la prochaine chose à récupérer serait la course.

Je me suis donc élancé dans l’eau, qui portait une partie de mon poids et me maintenait en équilibre, et j’ai fait 4 ou 5 longueurs. En me voyant faire, la kiné m’a dis que de ce qu’elle a vu, j’avais son feu vert pour essayer en dehors de l’eau. Dès la fin de la séance je me suis donc précipité dans ma chambre, je me suis changé et je suis partit en courant dans le couloir tel un Speedy Gonzales ! Là encore, je me suis torturé les méninges pour savoir comment j’allais le montrer à ma famille qui venait me voir le soir même. Le soir venu, j’ai proposé à ma petite soeur une petite course jusqu’à l’ascenseur du couloir, et elle m’a demandé si je pouvais courir avant que je parte comme une fusée pour lui offrir à elle, à ma mère et à ma chérie une réponse comme elles n’en n’avaient jamais eut. J’étais crevé au bout du compte mais qu’importe, la montée d’adrénaline fut telle que j’aurais pu recommencer plusieurs fois s’il l’avait fallu.

Today is the day

Aujourd’hui nous sommes rentré de Venise (le voyage s’est bien passé, malgré la fatigue des derniers jours) et je suis passé en demi-pension à Lay St Christophe, ce qui veut dire que je ne vais au centre plus que pour les séances de travail. Je me suis arrangé pour les mettre à la suite pour m’éviter de passer du temps au centre à regarder les mouches voler, car je n’ai plus de chambre ni de tv. J’y vais donc le lundi, le mardi, le jeudi et le vendredi, un taxi vient me chercher à 08h30 pour une séance de kiné à 9h, sport à 10h, neuro-psychologie à 11h et ergo à 13h30. A 14h30 je suis libre, et un taxi me ramène à la maison. J’ai donc plus de temps libre qu’à l’époque où je travaillais, enfin ça c’est en théorie.

Avant l’accident je me couchais entre 23h30 et minuit, pour me lever à 06h du matin, samedis et dimanches compris. Maintenant j’ai besoin d’un peu plus de sommeil, il n’est pas rare que passé 21h mes yeux se ferment quoi que je fasse, et je vais donc me coucher quelques minutes plus tard. Je me lève toujours à la même heure par contre la semaine, et en rentrant du centre vers 15h, je fais 3 fois sur 4 une bonne sieste jusqu’à 17-18h, pour me coucher 3-4 heures après. Les week-end, je fais régulièrement le tour du cadran, ce qui n’empêche en rien la sieste de l’après midi en plus. L’explication d’un tel changement ? Je ne sais pas, mais je ne vais pas lutter, si j’ai sommeil, c’est que mon corps en a besoin.

En calculant un peu, j’ai donc doublé mon temps de sommeil, pour un effet peu visible en soirées ou pendant la journée. Je suis plus irritable, moins patient et tolérant qu’avant (je l’ai bien constaté par moi même à Venise) , j’ai un traitement médical assez lourd à base d’anti-épileptiques et d’antidouleurs qui empêchent la moindre prise d’alcool, j’ai en permanence mal à la tête et les médicaments ne font qu’atténuer la douleur, elle ne disparaît jamais. J’ai récupéré la marche, la course et j’ai conservé toutes mes facultés mentales, ce qui me manque c’est l’endurance et je fatigue très vite : monter un gros escalier m’essouffle autant que si je sortais d’un marathon (Ah l’escalier d’or du Palais Ducal à Venise, un grand moment avec ses 2 séries de 30 marches…).

J’ai aussi moins envie d’écrire et de jouer, malgré l’avalanche de jeux de ces derniers mois et mon stock rempli raz la gueule. Je reprends donc ma vie petit à petit, et rien que cet article m’a pris plusieurs jours à écrire malgré le temps dont je dispose. Je suis arrêté jusqu’au moins la fin de l’année, et à vrai dire je ne suis pas pressé de reprendre le travail, même si de ce côté là mon patron et plusieurs collègues sont venus me voir et m’assurent que mon poste me sera rendu tel quel. Puis tout n’est pas à jeter dans cette expérience, j’ai pris conscience de certaines choses et j’ai fait de jolies rencontres, et de ce que j’ai pu voir je ne suis pas le plus à plaindre, loin de là même : y’a des gens au centre qui ne peuvent plus bouger ni parler, et qui ne sont plus conscient du monde qui les entoure, alors moi avec ma jambe gauche qui traîne, je m’en tire plutôt bien.

Ce n’est pas pour rien que ma kiné m’a surnommé « le patient prodige », qui s’est remis presque entièrement en un mois passé au centre. Certains de mes confrères sont ici depuis plusieurs mois voir années, avec des progrès moins spectaculaires et des histoires bien plus sombres que la mienne, comme ce patient, au centre depuis 1 an et demi, qui rentrait chez lui un samedi soir après une soirée, qui s’est fait choper par une bande d’une quinzaine de personnes et qui s’est fait jeté du haut d’un pont, comme ça gratuitement, le tout dans le fou rire incompréhensible de ses agresseurs. Mais à la question « Est ce que ça compense ce que tu as vécu ? » la réponse est clairement NON. Et si je pouvais revenir en arrière je le ferai, ne serais ce que pour éviter la souffrance et l’inquiétude infligées à mes proches, que je subisse ça : après tout c’est ma faute j’ai que ce que je mérite, mais Kawa, ma famille et mes amis, eux, ils avaient rien demandé et ils s’en seraient bien passé… Mais une personne éclairée a dit un jour qu’avec des « si » on pouvait refaire le monde indéfiniment, alors à quoi bon continuer de ressasser le passé…

J’ai le regard tourné vers l’avenir, il me reste à muscler cette foutue jambe gauche et à acquérir plus d’endurance, sans parler de récupérer mon permis de conduire qui est actuellement suspendu. Et dans quelques mois j’aurais une prothèse à la place bout de mon crâne manquant. Voilà vous savez tout ou presque : je me suis longtemps demandé comment j’allais formuler les choses, à rester devant une page blanche, avant de dire merde et d’écrire les choses telles que je les ai ressenties. On m’a souvent dit que je m’exprimais mieux à l’écrit qu’à l’oral, alors plutôt que de répondre aux dizaines de tweets, mails et commentaires, voici donc cet article « pavé » de 3800 mots et quelques qui vaut ce qu’il vaut, mais qui a le mérite d’être sincère. Ca étonnera d’ailleurs ceux qui me connaissent bien, car je ne suis pas du genre à me « livrer » comme ça. C’est ma réponse aux nombreuses questions, qu’elles aient été posées ou non, par mes lecteurs, mes amis et / ou ma famille. Si vous en avez d’autres n’hésitez pas, cette fois-ci je répondrai ^^

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Publié le 18 novembre 2013, dans Articles, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. on voit que tu es passé par beaucoup de sentiments et d’évènements, je te souhaite tout le courage pour que tu retrouves l’usage de jambe complète.

  2. J’ai longuement hésité sur le fait de oui ou non te laisser un commentaire et j’ai finalement décidé de me lancer.
    D’abord je dois te dire que je trouve ton texte vraiment très bien écrit (ce qui confirme allégrement tes dires quant à tes capacités cognitives) mais personnellement il ne m’émeut absolument pas. J’ai bien conscience de toutes les étapes que tu as du traverser ces derniers mois et je comprends tout à fait toutes les émotions par lesquelles tu as du passer pour en arriver là ou tu en es aujourd’hui. Je suis également le 1er impressionné par les progrès que tu as fais en un laps de temps très court et il est tout à fait normal que tu en retires un énorme soulagement et une certaine fierté.
    Après je trouve cependant un peu facile que tu te « dédouanes » de tout cela avec un « à quoi bon ressasser le passé, il faut se tourner vers l’avenir ». Certes tu as raison dans le sens ou effectivement tu dois reprendre le cours de ta vie et la meilleure façon d’y arriver reste à n’en pas douter de laisser tout cela derrière toi.
    Pourtant cet accident n’est au final pas une si grande surprise et sans aller jusqu’à dire que tu as mérité cela (personne ne mérite cela), ce genre de mésaventure te pendait malheureusement au nez.
    Combien de fois avons nous plaisanté sur ta conduite « sportive » qui finirait par te causer du tort? Cela ne t’a malheureusement pas empêché de prendre le volant d’une voiture de sport que tu ne connaissais pas suffisamment pour espérer la maitriser et malgré tout la pousser à une vitesse excessive.
    Alors certes tu as appris à tes dépens que conduire un tel bolide dans la vraie vie se révèle être très différent mais également bien plus dangereux que dans les jeux vidéo et je t’avoue que j’aurais apprécié que tu en fasses l’expérience sans moi car comme tu l’as si bien dit, je ne t’avais rien demandé.
    Il est vrai que pour ma part j’ai eu beaucoup de chance de m’en sortir avec seulement quelques égratignures et un traumatisme psychologique qui n’est plus qu’un mauvais souvenir aujourd’hui. J’espère seulement que cette chance que nous avons eu tous les 2 ne t’empêchera pas de te remettre en question quant à ton comportement et à l’irresponsabilité dont tu as fais preuve ce jour la.
    J’imagine que tout cela ne sera pas forcément agréable à lire et peut être que certain trouveront que je suis dur avec toi seulement j’estime qu’il n’y a pas que ta guérison physique qui compte et qu’il faudra également que tu songes à soigner « le chauffard » qui aurait pu nous tuer tous les 2.

  3. Ta critique est bien fondée dans l’ensemble et tout à fait légitime même s’il y a 2-3 choses à corriger à mon humble avis… En écrivant cet article, je me doutais en réalité de ta réaction qui fait suite à ton refus de venir à ma soirée de la dernière fois. Comme la psychologue que j’ai vu au centre me l’a répétée à maintes reprises, on ne peut pas revenir en arrière, ni toi ni moi n’avons de supers pouvoirs et je te prie de croire que je donnerai beaucoup pour revenir avant l’accident et baisser la vitesse de la TT. Contrairement à ce que tu sous entends, je me suis beaucoup remis en question, sur la conduite entre autre mais pas seulement, et d’une je ne suis pas près de reprendre le volant et de deux je commence à appréhender sérieusement ce moment. Je ne me « dédouane » donc pas en disant que je ne peux continuer de ressasser le passé et que je regarde vers l’avenir, c’est juste que j’ai pas le choix. Durant ces 3 derniers mois j’avais souvent la tête dans la lune en repensant sans cesse à ce tragique évènement et à vrai dire, je ne pourrai jamais oublier la souffrance que je t’ai causé à toi et à ma famille (même si je ne me souviens pas de l’accident). Je t’ai impliqué là dedans à mon grand regret et je me suis déjà excusé plusieurs fois. Que puis je faire d’autre ? Si tu as la solution surtout dis le moi je suis preneur…

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