[Article] Joypad, une page se tourne…

Vendredi dernier, j’ai acheté le dernier numéro de Joypad, un magazine mythique qui a bercé mon adolescence et qui disparaît aujourd’hui, emporté par la folie du web. Un article hommage à ce magazine qui s’éteint, après 20 ans de bons et loyaux services…

Je me souviens il y a de ça 13 ans, j’avais 15 ans, on était alors en 1998. Comme beaucoup j’avais une Playstation, qui avait déjà donné naissance à bon nombre de grands jeux. J’étais abonné à Joypad, qui tout les mois, m’informait sur l’actualité de jeu vidéo. A l’époque il n’y avait que la presse spécialisée pour s’informer, ce qui aujourd’hui paraît complètement désuet. Je lui faisait quelques fois des infidélités en achetant quelques Console + et des Playstation Magazine, mais dans mon cœur il était toujours numéro 1. Ce magazine avait en effet un ton et une ligne éditoriale bien à lui, car en plus de décrocher des exclus, Joypad était composé d’une rédaction de folie, où les rédacteurs allaient travailler, mais en s’y sentant comme chez eux. Ce n’est que plus tard qu’apparaitra la rubrique Mode d’emploi, qui illustrait cet état de fait, avec des week end passés à la rédaction plutôt qu’à la maison. Comme tout est question de feeling, j’accrochait vraiment à ce magazine à l’époque, qui me correspondait bien, et chaque mois je dévorait mon numéro, sans oublier les innombrables relectures partielles avant d’acheter un jeu ou pour revivre certains moments forts, comme ce numéro 110 que je place au panthéon du magazine, avec cette couverture Yuna somptueuse et ce dossier E3 juste hallucinant. 
Il y avait aussi, et forcément ce numéro 100 tout aussi culte, avec cette couverture simple mais diablement efficace, en matière un peu cartonnée qui rendait ce magazine encore plus collector qu’il ne l’était déjà avec son numéro. Les bons souvenirs ne manquent pas, mais comme toutes les bonnes choses, il y a une fin, et ma séparation avec Joypad a eut lieu en 2003…

Numéro 132 de Juillet / Août 2003, tel un coup de tonnerre, pas moins de 6 personnes (4 rédacteurs et 2 illustrateurs) quittent le magazine, avec un édito de Trazom qui m’aura limite fait chialer. Il faut savoir que même si on accroche à l’esthétique d’un magazine, c’est pour moi les rédacteurs qui donnent vie au magazine et qui lui insuffle son esprit. Vu que mes rédacteurs fétiches partaient, et bien moi aussi. Je n’ai donc pas renouvelé mon abonnement cette année là. J’ai acheté à l’unité quelques numéro de plus, assistant du coup au départ d’autres rédacteurs, signant pour moi la fin d’une relation longue et pleine de passion. Mon dernier numéro fut le 148, que j’avais acheté pour Metal Gear Solid 3, il est sortit en Janvier 2005. De toute façon à l’époque, le web était déjà lancé et un certain site nommé Gamekult avait remplacé mon Joypad, me livrant en plus mes infos non plus tout les mois, mais chaque jour, avec des tonnes d’images et de vidéos, et une base de données juste hallucinante. Les temps changent…

La presse papier jeux vidéo, c’est du passé. Et honnêtement, qu’apporte t’elle aujourd’hui de mieux que les sites spécialisés, qui livrent news, images, vidéos et tests chaque jour ? La fin était inévitable. A l’heure où aujourd’hui je me connecte plusieurs fois par jour pour voir les news, ou on est bombardé d’images et de trailers, où les jeux sortent à un rythme effréné et ou les sites ont des applications smart phone, la presse papier n’a définitivement plus sa place. Il faut dire aussi que le public geek a rapidement migré vers le web et n’a donc pas laissé sa chance au papier. Encore aujourd’hui les magazines autos, people et les journaux ne sont pas vraiment en crise, car la ménagère préfère montrer à sa copine Brigitte que Bryan sort avec Megan, photo à l’appui, plutôt qu’aller voir la même chose sur le net. Et le pilier de comptoir n’échangera jamais son Est Républicain contre un netbook. Le geek, lui est surconnecté, il est fan de son site sur Facebook, suit les rédacteurs sur twitter et à dans son iphone l’application du site. Ce n’et pas le même public, reste à voir comment ça évoluera dans les prochaines années. A quand l’implant qui nous informera en temps réel ?

C’est donc le cœur chargé d’émotions et la tête pleine de bons souvenirs que je referme ce numéro 222 de Joypad, qui symbolise le changement et la fin d’une bien belle époque. Au revoir…

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Publié le 5 septembre 2011, dans Arrivages, Articles, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Même si j’avoue comprendre ton point de vue sur la mort de la presse papier je ne l’approuve pas et je vais pour illustrer mes propos donné 2 exemples non français c’est vrai: Famitsu Weekly au Japon qui sort toutes les semaines avec +/- 200 pages d’actus/test/… & Edge qui parait une fois par mois.

    Les Joypad, Consoles+ ,… Étaient voues a disparaitre a cause du net des news mais d’autres magazines perssistent (comme mes 2 exemples) et je l’espère dureront car ils proposent de vrais scoops, de vrais interviews et des vrais dossiers complets. Après c’est comme tu l’écris le plaisir de suivre des rédacteurs,….. Je prend un pur plaisir a lire EDGE tous les mois par exemple.

  2. Je parle effectivement de la France. Les exemples que tu donnes sont bons, même si la référence reste Game Informer outre Atlantique, qui vend pas moins de 4 000 000 de magazines par mois.

  3. Désormais je pense que la presse papier passe par des magazines originaux, de mon avis ça sert à rien de faire un mag de news et de tests il vaut mieux faire des dossiers ou du rétro

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